Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 07:29

 

Granny Raymonde est furieuse. Elle trépigne dans le salon.

Non, non, non, non non !

Non ! J'irai pas.

J'irai pas dans leur asile pour vioques maboules !

Manquait plus qu'ça. Ces cons veulent me faire embastiller !

Je les haiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Elle se verse un verre de vin blanc, allume une gitane puis, s'affale dans un fauteuil.

faut dire qu'c'est un peu ma faute tout c'bazard.

À force d'leur faire l'coup d’Alzheimer, ils ont fini par gober.

Pffff !

Elle avale une rasade de vin et tire nerveusement sur sa clope.

En plus j'en ai rajouté avec les étagères à mégots louchebem, ça va pas arranger mon cas.

J'vous raconte pas les vacances qu'j'ai passé en Normandie. L'bac à flotte bouché, un dimanche, le 15 août en plus. 400 euros qu'ça lui a couté au radin. Trop bonnard ! L'siphon, une vraie caverne d'Ali Baba. Des mégots en veux-tu en voilà, un pot de yaourt, des tickets d'métro et un vieux sac à nibbars. Oh, c't'affaire !

  • J'les entends encore les deux guignols.

  • Lui : maman, qu'est-ce que tout ça fait dans les canalisations ?

  • Moi innocente : ben, j'sais pas mon grand... C'est pas le vide ordure ?

  • Lui : maman, c'est un broyeur pour les déchets alimentaires. Je te l'ai déjà dit cent fois !

  • Moi : ben c'est un vide ordure comme à la Courneuve ?????

  • Lui : mais non, ça n'existe plus. Ce n'était ni hygiénique ni écologique maman !

  • Moi : Ben c'est quoi alors ?

  • Lui : j'abandonne.

  • Elle : Voyons Jean-Claude, il ne faut pas lui en vouloir, ta mère est atteinte d'Alzheimer.

Lui glisse la Jacqueline à l'oreille s'imaginant qu'j'ai rien capter.

  • Lui :Je suis désolé Jacky mais cela devient ingérable. Imagine qu'elle ouvre le gaz ou qu'elle... Sans compter qu'elle fume en cachette, on en a la preuve désormais, elle pourrait mettre le feu à la maison ! Je ne sais pas qu'imaginer mais on peut s'attendre au pire. Je ne voulais pas en arriver là mais il va falloir qu'on la place dans une maison spécialisée.

  • Le plombier : c'est triste de vieillir comme ça, j'sais de quoi j'parle, ma grand-mère est pareil, on a du s'en débarrasser !

Là, l'raisin n'a fait qu'un tour dans mes veines. Ça f'sait un moment que j'le sentais venir c'coup là.

Allez hop, on fout la vioque au rencart et bon débarras ! Ben mon p'tit gars ça va pas s'passer comme ça. Par les moustaches de Staline, croix de bois, croix de fer, si toi et ta grognasse vous essayez d'm'enfermer chez les branques, j'vais vous pourrir la vie comme jamais !

Quand j'pense que j'me suis crevée pendant trente piges, debout tous les jours à trois plombes du mat' pour aller charrier des cageots d'légumes à Rungis pour qu'Môssieur fasse des études ! Et son daron, il s'en est tapé des sorgnes chez Renault pour qu'Môssieur ait son p'tit confort, des bouquins, des crayons, des cahiers, des vacances en colonie à Dunkerque, la téloche en couleurs, une salle de bain, j'en passe et des meilleurs. Ah, l'Judas !

Granny Raymonde fulmine en grimaçant.

Dire que j'l'habillais d'neuf chez Tati à chaque rentrée. Quel ingrat !

Pour sur, j'vais pas m'laisser faire par c'te bande d'culs bénis !

Elle se lève, se verse un verre de blanc, allume un gitane puis, fait les cent pas.

faut que j'gamberge à c'qui pourrait bien les emmouscailler. Tiens, j'pourrai faire du rap avec Kamel, Riton et Mamadou ou j'pourrai m'faire teindre les tifs en rose fluo et m'fringuer comme l'aut'e délurée d'la téloche... Comment c'est t'y qu'elle s'appelle dont ? Ah Brigitte S'paire ! Ou j'pourrai m'mett'e à la colle avec Marcel tiens, l'veuf d'à côté. Depuis l'temps qu'il me r'luque les miches par d'ssus la haie l'vieux cochon, j'suis sur qu'il dirait oui. En plus il a une bonne retraite vu qu'il était pharmacien et sa bicoque et plus grande qu'la mienne.

Elle s'interroge.

Mauvaise idée. Y picole pas, y fume pas, en plus il a voté de Gaulle en soixante-cinq, j'peux pas faire ça à mon Fernand pis j'serai obligée d'passer à l'casserole et j'ai pas envie d'me faire gratiner l'endive par la chipolata farcie au viagra d'un capitaliste !

Tiens, j'pourrai aller m'installer chez tata Arlette, elle aussi elle a une bonne retraite du crédit lyonnais, on pourrait faire croire qu'on est des gougnottes ? J'vois la tronche du Jean-Claude et dl'a Jacqueline.

  • Lui : Qu'est-ce que tu dis maman, tu es lesbienne ?

  • Moi : Ben oui mon gars.

  • Lui : mais, mais... ?

  • Moi : Ça t'en bouche un coin, j'suis une gonzesse libérée môa !

J'sais pas si l'subterfuge tiendrai la route longtemps !

J'sais c'que j'vais faire. Je vais vider mon livret à la caisse d'épargne puis, j'vais faire la croisière des chanteurs morts. J'vais même inviter Jeanine on s'ra pas trop de deux pour faire la java. Après un mois en Tunisie. J'leur dirai rien aux deux cons, ça leur f'ra les arpions. Non mais, j't'en foutrais du mouroir à rentière môa !

Par Le scribouilleur
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 07:27

 

Branle-bas de combat. Granny Raymonde, blouse à fleurs, combinaison qui dépasse, mules Damart pieds sensibles, bigoudis sur la tête, gants Mappa rose fluo avec plume aux poignets et gitane au bec, fulmine devant l'évier de la cuisine en brandissant comme un glaive sa ventouse.

  • C'est bien ma veine. On est dimanche en plus c'est l'quinze août, l'lavoir d'la tortore est bouché, j'sais pas m'servir du lave-vaisselle, c'con de Jean-Claude et sa grognasse sont partis à Lisieux au prêche des cur'tons et pas un plombier dans c'te vergne de merde !

  • Ça commence bien les vacances chez les ploucs !

  • Si j'avais encore l'Fernand sous la pogne, il aurait arrangé ça en cinq minutes. L'Jean-Claude c'est un intello d'mes deux, faut pas lui demander d'mettre les mains dans la plomberie, il est capable de se foutre des gnons !

  • J'suis crevé. Cinq plombes pour venir d'Paname avec les embouteillages. Un mahomet d'plomb et mon connard de morpion qui refuse d'mettre la climatisation sous prétexte que c'est pas écolo.

  • Résultat, j'ai les guibolles comme des poteaux et les varices qui gambillent.

  • Tiens, si j'étais un gonze, j'irai directement me remettre au pieu avec une bière.

  • Ma bourgeoise voudrait faire la grasse mat' alors j'serai grossier avec elle.

  • Ça m'détendrait.

  • Elle serait en train d'lire un canard féminin à la con, je la regarderai avec un air concupiscent, elle s'approcherait pour s'faire culbuter la carlingue et là j'l'enverrai s'faire mordre ailleurs !

  • Ça va pas non ! ? J'suis crevé connasse !

  • Les souris d'nos jours c'est que des obsédées du radada, j'peux pas les blairer.

  • Alors elle s'tourn'rait sur le côté pour ruminer, mézigue il allumerait la télé pour r'garder télé foot le son à fond les manettes, en m'rinçant l'gosier avec une bonne roteuse , rien qu'pour l'emmerder.

  • Ma bonne femme j'ferai rien que d'la faire chier, comme ça, juste pour être mauvais.

  • Tiens la mienne j'la vois d'ici. Bouffie d'la tronche, l'tif gras peroxydée, un pétard comme deux barriques, fagotée comme l'as de pique, des binocles en fion d'canette. Un thon quoi !

  • J'critiquerai tout c'qu'elle f'rait, tout c'qu'elle jact'rait. En public je la ridiculiserai, je l'ferai tout l'temps passer pour une conne tout juste bonne à torcher du gniards, faire l'ménage parce que sa bouffetance s'rait dégueulasse !

  • Je hais les bonnes femmes !

  • J'cherch'rai même pas à mener une vie intéressante, à m'cultiver ou à faire des trucs intéressants. Surtout pas, ça lui f'rait trop plaisir ! J'l'entends déjà devant ses frangines : mon mec, ce type formidable, tendre, attentionné, dévoué, travailleur. Mon cul oui ! Au contraire, j'serai une feignasse. J'aurai des tas de maitresses, la pharmacienne, l'institutrice, la bouchère. J'en profiterai pour leur piquer du flouze que j'claquerai à faire la noce avec les frangins. Je serai répugnant comme mec !

  • À moins que j'rencontre une gisquette sympatoche. Mais là on s'gauffre carrément dans l'fantasme. Une vioque choucarde dans les quatre vingts balais, dans l'genre Yetta. Une classieuse quoi !

  • On s'rencontrerai chez not'e proctologue.

  • On peut s’illusionner. J'crois qu'une souris comme ça gagnerait à m'connaître.

  • Mais bon. Y faudrait pour ça qu'ça dure... Parce qu'avec l'pot qu'j'ai, elle finirait bien par s'tirer avec l'premier bourge qui lui' f'rait du gringue. Si c'est pour m'pourrir la life et m'laisser tomber comme un étron dans les cagouinsses au bout d'une s'maine, j'préfère qu'elle reste dans son mouroir à rentière la vioque !

  • Non mais c't'affaire, j'vais pas m'laisser emmerder par une vieille radasse emplâtrée !

  • Tiens ça m'a donné la pépie. J'vais tuter un p'tit blanc et grailler du sauciflard avant qu'l'es cons s'radinent avec leurs vitrines d'Sainte Vierge en extase !

Par Le scribouilleur
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 07:26

 

(Granny Raymonde est assise devant la télé dans son fauteuil, elle jette un œil par la fenêtre).

 

Voilà, on est lundi, il est deux heures, les feux de l'amour vont commencer et bien entendu l'corbeau va débarquer, comme ça j'verrai pas non plus Hercule Poirot ni l'catch.

Enfin. Un corbeau croisé avec une pie ; parce que la Gomez, qu'est-ce qu'elle jacasse.

Ell'm'saoule la portosse. J'l'aime pas. Elle chlingue la morue et l'eau de Cologne prisunic.

Encore une idée d'la Jacqueline et du Jean-Claude de m'la mettre dans les pattes celle-là.

 

  • Voyons Granny, à votre âge il faut savoir accepter un peu d'aide.  N'oubliez-pas ce qu'à dit le médecin, il faut vous ménager.

 

Quelle cruche la Jacqueline ! Et l'Jean-Claude qui dit amen à tout c'que dit sa bourgeoise coincée du fion. On n'est pas rendu.

En plus, la Gomez elle dérange tout et r'met rien à sa place.

Heureusement qu'ce n'est pas bibi qui banque, c'est qu'elle vous graillerait la pension des p'tits vieux la Linda de Souza du plumeau.

Quand ramène ses miches l'jeudi matin y lui faut un p'tit verre d'vin blanc avec de la cochonnaille et l'lundi après-midi y lui faut un bol de café avec des gâteaux secs.

Heureusement, c'est les cons qui douillent.

En plus, j'lui refile les invendus qu'le charcutier m'file pour mon pépère et les gâteaux secs que j'récupère au club des anciens des halles.

C'est périmé mais j'm'en tape, la portosse elle y voit qu'du feu puis elle en redemande.

Faut dire qu'ça a la panse blindée ces bestioles là !

Ell'm'trouve sympatoche et généreuse l'immigrée.

J'la trouve chiante, jacteuse et conne la bonniche à Jacqueline. Une vraie bignole.

C'est comme c'te lubie d'm'appeler Granny. J'm'appelle Raymonde non d'un chien ! J'ai l'air d'quoi au marché quand les morbachs m'appellent «Granny». Peuvent pas m'appeler «mémère» comme tout le monde ? Après c'est que j'me tapent la honte le jeudi au club du 3eme âge devant les copines.

  • Alors Raymonde, comme ça on s'la pète bourgeoise ? Granny par-ci, Granny par-là. On voit qu'il a réussi ton Jean-Claude, c'est pas la peine d'faire ta fière en changeant d'nom. T'es une prolo comme nous toutes !

La Gisèle Guidon elle m'en veut encore d'lui avoir chouravé l'Fernand quand elle lui tournait autour aux réunions du parti.
Il blairait pas les rachitiques mon Fernand d'abord. Faut dire qu'pour un coco, c'était un sacré coco l'Fernand. Fallait pas lui en promettre. la Gisèle elle avait la chatte en chaleur et l'pantis à coulisse !Ça s'fend la pipe. N'empêche qu'à c'train là, ils vont finir par me virer du quartier et j'veux pas me retrouver dans un mouroir à rentières à Neuilly comme l'a «suggéré» la Jacqueline. Ben j's'rai bien lotie avec des vieilles peaux à la tronche enfarinée ! Fini la belote du mercredi, faudrait jouait au bridge. Fini le sauciflard et le p'tit blanc du samedi. Roteuses et caviar à gogo ! Quand j'pense qu'la Jacqueline a voulu trainer à Paname dans ses magasins d'bourgeoises pour me r'faire une garde-robe. Non mais, elle s'mêle de quoi la bru ? Moi j'veux du confortable. Une bonne gaine, une robe imprimée, des bas nylon, une culotte en coton entrejambe renforcé latex, des charentaises pour la maison, des mocassins en cuir de vinyle pour les sorties. J'aurais l'air d'quoi dans un tailleur Béchamel avec des perchoirs aux pieds, la mise en pli impeccable et maquillés comme un carré d'as ? D'un sapin d'Noël. Vl'à ti pas qu'à Noël dernier ils ont voulu m'emmener écouter un concert à Pleyel ces cons.

  • Granny, on a un cadeau original pour vous cette année. Un concert classique à Pleyel, en famille.

  • Un Quoi ?

  • Un concert de musique classique, Granny !

  • J'aurai préféré voir Tino Rossi.

  • Mais Granny, il est mort depuis près de 30 ans voyons.

  • On me l'avait pas dit...

  • La pauvre perd la tête Jean-Claude, c'est triste...

Quand je suis pas sourdingue, j'ai Alzheimer. C'est bien pratique pour qu'ils m'fichent la paix.

L'réveillon j'préfère l'passer avec Patrick Sébastien., une bourriche d'huitres et du muscadet.
Le petit bonhomme en moussssssssse... Nanana, nananana, nanananaaaaaaaaaaaa !

(On sonne à la porte puis).

  • Quand on parle d'huitres, voilà la portugaise qui s'radine ! (Marmonne Raymonde).

  • Qui s'est ?

  • Bonyour madame Raymonde, ch'est Carmen qui vient faire le ménache !

  • Qui s'est ?

  • Ben ch'est Carmen Gomez !

  • Derrick, mon chien-chien, va choper la Gomez ! Et n'oublies pas d'pisser sur l'paillasson, faut bien l'occuper c'te feignasse !




Par Le scribouilleur
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 07:23

 

(Granny Raymonde s'est endormie pendant le diner. Elle ouvre un œil.)

Qu'est-ce qui s'passe ?

Qu'est-ce qui s'passe par les moustache de Staline ?

Encore ces foutus plombs qu'ont sauté ?

Vous êtes où ?

Personne ne répond.

C'est un monde ça tout d'même.

Y'a quelqu'uuuuuun ??????

Pas un con qui répond.

Ça commence bien le week-end à la campagne, en plus je me suis cassée la jambe en faisant du roller avec les frangines, résultat j'suis clouée dans ce fauteuil pour huit semaine, cette baraque dans le perche leur coûte un pognon fou et y sont même pas capable d'engager une bonne pour s'occuper d'la viocque.

Bientôt y'aura des araignées qui tiss'ront leur toile sur moi, elles pourront me coloniser la couenne tout le monde s'en fout. En plus y sont bien capable de m'enduire d'miel et d'me coller dans un coin du jardin pour attirer les mouches à merde c'est cons !

Bande d'ingrats.

Des ingrats, que des ingrats !

Si ça s'trouve, y'a même pas panne. Y'sont tirés pour s'pieuter et y m'ont oublié.

C'est bien leur nouvelle lubie ça, bah tiens !

Aujourd'hui j'ai 89 ans, vu qu'l'espérance de vie des souris est de'84 ans, y s'disent que j'ai dépensé l'âge légal pour calamcher alors y font tout pour s'débarrasser d'moi !

Faut que j'me méfie, y sont bien capable de pousser mon fauteuil dans l'escalier pour que je me fracasse la tronche ou dans l'étang pour que j'me noie.

On appelle ça un crime parfait. Y'a des lois qui punissent ça, bande d'assassins. Des pourraves, j'vous l'dit !

Après y m'reproche d'êt'e grincheuse.

Incroyable tout d'même. Les gens diront mais c'est tatie Danielle l'ancêtre !

Font chier ces cons.

Surtout, la Jacqueline, ma belle-fille, cette grognasse, cette teignasse !

Une branque oui !

J'en ai marre de cette bigote dégénérée et alcoolique.

Oui, elle picole en cachette la bourgeoise.

T'nez l'été dernier, un soir elle était tellement bourrée qu'elle s'est foutue en sous-vêtement sur l'port d'St Trop pour se jeter à la mer. Dès qu'elle est noire elle veut s'jeter à la flotte.

Pis sa daronne Geneviève elle vaut pas mieux. Cette sangsue, sorcière nymphomane !

Aujourd'hui la viocque s'est rangée et fait dans la charité chrétienne avec les cur'tons mais avant elle faisait surtout dans la partouze, à Paname on l'app'lait la dingo du zob.

Résultat à 55 piges la Jacqueline picole comme un trou et sa frangine Bernadette, qui s'ont du finir à la pisse, a 12 ans d'âge mentale.

L'été dernier mon idiot d'fils à cru bon de l'emmener avec eux à St Tropez, résultat je me là suis coltiner pendant un mois avec ses poupées Barbie et sa dinette qu'elle traine partout l'échappée

d'St Anne !

Je ne vous parle pas d'leurs gniards. Deux garçons, une fille.

Vu qu'elle prend pas la pilule rapport à ses conviction religieuse et qu'elle est imbibée d'jaja la Jacqueline, elle nous a pondu des maboules.

La cadette Mélissa elle croit qu'avant elle était une théière dans Alice au pays des merveilles.

Granny, si je redevenais une théière tu me reconnaitrais ?

Bien sur que j'te reconnaitrai, même en lapin rose j'te reconnaitrai !

Vincent l'intello qui ramène sa science toute la journée et l'Christophe qui répète ses ballets d'gonzesse en tutu, oh c't'affaire !

Dire que j'me suis crevée toute une vie aux halles pour m'coltiner c'te famille de dégénérés.

Tiens, on dirait qui s'ont allumé une calbombe dans l'couloir ?

(La porte s'ouvre)

Ohhhhhh, mes chéris vous êtes là ?

Ohhhhhh, un gâteau d'anniversaire...

Ohhhhhh, Geneviève, Bernadette, vous êtes arrivées...

Quel bonheur de fêter son anniversaire en famille !

 

 

Par Le scribouilleur
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 06:55

 

(Granny Raymonde prend l'air dans le jardin après le déjeuner dominical, elle est assise dans une chaise longue à l'ombre d'un pommier).

Matez-moi moi ça. La famille au grand complet et dans toute sa splendeur.

Jean-Claude mon mouflet dans son costume de lin froissé avec son panama sur la tête qui lit peinard son canard en buvant son caoua.

Jacqueline, ma bru qui se promène dans le jardin avec Geneviève sa mère.

Choucard comme tableau !

Quelle chienlit oui !

Dire que j'pourrai m'la couler douce dans ma bicoque à Bobigny avec mon tricot, mon porto et Drucker.

Et bien non ! Il a fallu qu'ils me trainent en Normandie pour le week-end les nouveaux riches.

Que je me coltine leurs crétins de morpion et la belle-doche !

Matez-le, le Jean-Claude avec son air réjoui de grippe-sou. Quel imbécile !

En plus j'me suis farcie deux-cents bornes dans la bétaillère à catho, c'est comme ça que j'appelle leur monospace, à écouter Mélissa et ses frères reprendre en chœur tout l'répertoire d'Saint Nicolas du Chardonnet. Non, merci.

Alors qu'la Geneviève a fait le trajet dans la Mercedes avec Jacqueline.

Je vous imite cette pétasse de Jacqueline.

  • Vous comprenez Granny, les enfants vous adorent. Vous leur manquez tellement !

La belle excuse, j'fais rien pour qu'il m'adore les gniards !

Elle en jette la bourgeoise avec sa robe couture, son rang de perles et son brushing à cent cinquante euros.

C'est pas avec ma retraite que j'peux m'offrir ça. Moi c'est Tati et Bruna coiffure !

Allez, ça minaude, ça s'trémousse du fion !

J'm'demande s'ils m'l'ont pas échangé à la maternité l'Jean-Claude.

Il ressemble ni à son daron, ni à moi, ni à personne d'la famille d'ailleurs.

Chez nous des intellos y'en a pas, çà s'saurait.

Il n'a jamais rien fait comme les autres ce con !

Toujours le premier d'la classe, bac scientifique, ENA. Gentil, poli, propre sur lui, jamais un mot plus haut que l'autre, studieux. Ça sent trop l'catéchisme et l'eau bénite ça, pas assez l'ouvrier et la sueur. Un martien j'vous dis !

Quand j'pense à mon pauvre Fernand, son père, ouvrier chez Renault et moi marchande des 4 saisons aux halles. Une honte pour nous et les voisins.

J'osais même pas l'emmener chez mes vieux à la Courneuve d'peur d'me faire moquer par les frangines ou caillasser par les moujingues.

La Jacqueline, il l'a rencontrer à un rallye.

Trois ans qu'il a mis avant de nous la marier.

Et vas-y que je t'fais la cour pendant des mois, les fiançailles et tout le toutim.

Moi l'Fernand j'l'ai rencontré dans une guinguette à Joinville, il m'a mis la main au pétard, une java et clic clac l'affaire est dans l'sac dans la 4CH d'son vieux !

Trois mois après, comme le polichinelle était dans l'tiroir, on était devant monsieur l'maire.

 

Tiens, voilà la p'tite dernière Mélissa qui a terminé sa sieste. J'vais faire semblant de dormir sinon elle va encore me casser les arpions.

Trop tard, elle m'a vu super-glue !

  • Granny tu me prends sur tes genoux pour me raconter une histoire ?

  • Tu veux boire ?

  • Noooooon, je veux une histoire ?

  • Qu'est-ce que tu dis ?

  • Tu es toujours aussi sourde Granny.

  • Non, j'ai pas de gourde.

  • Je vais allez voir maman alors.

  • C'est ça , va voir ta maternelle, morpion.

J'leur fais croire que j'ai les portugaises ensablées, comme ça ils me fichent la paix les lardons.

Elle est moche cette gamine en plus. Elle ressemble à rien. Ou alors à un cochon d'Inde qui aurait avalé une ligne de ch'min d'fer.

Faut dire que là Jacqueline, nous pondre un morbach à quarante-cinq balais, fallait pas s'attendre à une réussite.

Heureusement qu'mon pauvre Fernand n'est plus là pour voir ça.

Y m'manque mon Nanan. Douze ans qu'il est parti avec mon beau-frère Roger.

Depuis Jeanine et moi on est seules.

Mais non y s'sont pas tirés ensembles nos gonzes ! Une histoire de barback qu'a mal tourné après un apéro bien arrosé, ils se sont battu à coups d'brochettes. Résultat : deux morts !

Tiens, elle a oublié son horrible doudou Puffy le têtard à hublot !

Derrick, Derrick ! Tiens mon toutou chéri, un joujou pour toi.

Vas-y, tu peux l'bouffer.

Mon Derrickounet d'amour, un mélange yorkshire et pitbull. Tellement affectueux.

 

Allez, v'là Christophe et Daniel les jumeaux.

Un intello et une tapette !

Daniel, 1dix-sept ans porte encore des bermudas d'flanelle. Avec sa chemise bien r'passé, sa mèche sur le front et ses lunettes rondes ont s'croirait dans la guerre des boutons.

  • Regardez Granny, j'ai trouvé une ranunculus acris. C'est une renonculacée. Son nom est dérivé du latin « rana » qui signifie petite grenouille, car certaines de ses variétés, aquatiques, poussent dans les marais peuplés de nombreux batraciens, ou car le fruit s'apparente à un têtard ! Je vais l'ajouter à mon herbier.

  • C'est ça mon chéri, va... Va, l'ajouter à ton magnifique herbier. (Tu peux pas dire un bouton d'or comme tout le monde).

Quand à l'autre, Christophe y s'dandine avec son casque sur la tête. Son pantalon moulant, un slim qu'il appelle ça et son tee-shirt D&G. C'est t'y pas malheureux d's'accoutrer d'la sorte !

Monsieur fait d'la danse avec Kamel Ouali, une idée de Geneviève, la nymphomane reconverti dans la SPA.

Regardez-la se pavaner dans sa robe rouge moulante avec sa choucroute blonde et sa quincaillerie qui fait gling-gling à chaque fois qu'elle roule du popotin. On dirait un gros caillot d'sang !

On a l'même âge quatre-vingt neuf, elle fait piges de moins. Faut dire qui y'a plus une pièce d'origine, elle est r'faite de partout. On lui a tellement tiré la couenne à celle-la que lorsque qu'elle cligne des paupières ses nibards dansent la samba.

Bon. Qu'elle heure qu'il est ? Seize heures. J'me ferai bien un p'tit goûter. Un p'tit verre de blanc est des tartines de rillettes. Faut pas compter sur la Jacqueline ni sur mon fils. Ici, l'alcool on connait pas.

Chocolat et tartines de confitures maison. Beurk !

Avec tout ça, à l'heure où on graille ici puis la route après, j'vais encore manquer question pour un champion et Barnaby.

La prochaine fois qu'ils passent à la maison pour m'inviter à la campagne, je fais semblant d'avoir Alzheimer et de pas les reconnaître. Non mais !

 

 

 

 

Par Le scribouilleur
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